Nikias Imhoof

Un arbre pointe du doigt 
Et les rues se renversent 
Les immeubles s’étirent 
Et entre les vitres 
Une fleur de fer forgé


Pour Henry Fox Talbot, un des pionniers de la photographie, les images naissent sous « le crayon de
la nature ». Ainsi le monde se dessinerait de lui-même sur la pellicule et le photographe laisserait
simplement l’image advenir. 
C’est ce même « crayon de la nature » qui dessine les ombres à l’image des choses : photographier des
ombres (comme d’ailleurs des reflets) revient donc à faire des images d’images. C’est à ce phénomène que
fait référence ici le mot « skiagraphie », sorte de terme négatif et complémentaire de la « photographie ».
Dans la continuité de mes deux premières expositions, je présente à MottAttoM une pellicule entière
(soit 39 images et une amorce). Toutes les images, mis à part l’amorce et les trois dernières, ont été prises en
une semaine à Athènes, en août 2021, au hasard des mes déambulations. L’amorce a été prise sur le bateau
m’amenant à Athènes et les trois dernières images à Genève, à mon retour de Grèce. Les ombres et les reflets
sont les sujets principaux des cette pellicule qui a été tirée sur papier argentique pour tenter de rendre au
mieux leurs nuances et leurs contrastes.
J’ai choisi de recomposer la pellicule, dans l’espace de MottAttoM, autour de chacune des images
prises à Genève. La pellicule, liant ainsi différents lieux (et différents instants), devient elle-même un
espace(-temps) : le lieu où l’ombre du monde se recueille.

Nikias Imhoof